ESMERALDA DA COSTA

Notre maison brûle et l'on regarde ailleurs
2020
Installation vidéo HD, 14 minis écrans, impression 3D par dépôt de fils, socle inox
L’installation vidéo Notre maison brûle et l'on regarde ailleurs interroge l’élément "feu", tout comme la série photographique qui l’accompagne. Il s’agit, ici, de recréer le foyer qui a brûlé, dans son « architecture type » à savoir, une "maison". Cette maison a brûlé de l’intérieur, et sa façade extérieure est devenue une surface noire austère. La structure apparente est désormais réduite à l’état de vestige. Elle prend l’image d’une survivante. Les fenêtres de cette maison où s’insèrent des écrans vidéos donnent à voir quatorze films, comme autant d’ouvertures sur le monde. De là s’observe le vivant à travers ses multiples manifestations. Des images évocatrices du feu, élément naturel, ici ravageur, mais aussi des traces de vie capturées à travers la grandeur de la nature ou au coeur même de vies intimes. Ces films présentent la vie d’un foyer tourné vers le dehors, vers l’ailleurs et ses étendues infiniment plurielles. Et dans sa réciproque, ce dehors parle à notre intériorité, à notre rapport au monde. Dans cette œuvre, Esmeralda Da Costa laisse planer le doute sur le "foyer". Elle l’installe sans pour autant définir réellement ni ses contours, ni sa forme. La notion de destruction par le feu, évoquée par Esmeralda Da Costa, n’est alors pas à lire uniquement sur le plan littéral. En effet, la destruction de l’édifice renvoie aussi à la combustion du "foyer" dans ce qu’il a d’intime. Le "foyer" est aussi envisagé comme le foyer universel : notre planète, habitacle du vivant, réceptacle de nos excès. Cette œuvre fait par conséquent écho à la façon dont l’artiste a vécu l’expérience du confinement. Durant cette période inédite, Esmeralda Da Costa a éprouvé notre monde avec un profond sentiment d’immensité tout en se sentant en proie à sa singulière fragilité. La fragilité du lien, de l’habitat, de nos connexions, de nos actions et leurs conséquences. C’est alors que le "foyer" apparaît complexe et précieux, tout comme la Terre. Cette création, Notre maison brûle et l'on regarde ailleurs, questionne largement notre façon de la vivre. Elle interpelle à la fois notre place et notre humanité.

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