• EXPOSITIONS
  • 2017
    Instants Vidéo Numériques et Poétiques - 30th - Marseille - France (10/11 au 13/11/2017)
    Vidéo - Bibliotheca Art Center d’Alexandrie - Egypte (24/08 au 26/09/2017)
    MAE TERRA - Solo Show - Centro Cultural - Bragança - Portugal (2/09 au 18/10/2017)
    FIAV - Festival Internationl d’Art Vidéo de Casablanca, 23ème édition - Maroc
    Festival de Performances - Les écritures bougées - Librairie A Balzac à Rodin - Paris - France

    2016
    La femme à la bûche - Underconstruction Gallery - Paris - France
    Sélection Officielle, 2ème Prix au Concours Imaginex, Limoges

    2015
    Sélection Officielle à Arte Video Night #7, MEP, Paris
    Performance sonore, Galerie Vincenz Sala, Paris
    Match, Solo Show, incognito artclub 24/24h, Paris
    Sélection Officielle au Prix Vidéoformes, Clermont-Ferrand

    2014
    Le Corps Numérique, Théâtre Liberté, Toulon
    Octobre Numérique, Espace Van Gogh, Arles
    Ex aequo, Solo Show, La Générale en Manufacture, Sèvres
    Des Corps Compétents ( La Modification ), Centre d’Art Villa Arson, Nice

    2013
    Buddleia, OPAAO, Jardin Ecobox, Paris
    Festival Still moving II, Jardin d’Alice, Paris
    Festival Cinémabrut, Mouans-Sartoux

    2012
    Un festival c’est trop court, MAMAC, Nice
    Festival Still moving I, Jardin d’Alice, Paris
    Klic Krong Friiiz, Atelier KKF, Nice
    Dance with me, Museav, Nice

    2011
    Demain, c’est loin, Galerie de la Marine et Villa Arson, Nice
    Prouesse, Les visiteurs du soir Parcours de l’Art contemporain, Nice
    Finissage Bernard Heidsieck, Littoral, Centre d’Art Villa Arson, Nice
    54 Virages, Printemps des Arts, Monaco

    2010
    HIC / L’exposition de la forme des idées, Centre d’Art Villa Arson, Nice

    2008
    Victor Erice / Abbas Kiarostami : Correspondances, Centre Pompidou, Paris
    La place des controverses, Grand Palais, Paris

    2007
    Fidus ex vocus, au Museav, Nice
  • WORKSHOPS
  • 2010 Eddie LADOIRE artiste plasticien et compositeur / Laurent FAULON artiste plasticien
    2009 Jérôme MAUCHE critique, écrivain et commissaire d’exposition
    2007 Abbas KIAROSTAMI réalisateur cinéma
  • FORMATION
  • 2009-2011 D.N.S.E.P avec les Félicitations du jury à la Villa Arson, Nice
    2008-2009 FAMU, Prague
    2005-2009 D.N.A.P à la Villa Arson, Nice
    2003-2004 Licence de Sociologie / Université René Descartes, Paris 5
    2001-2003 Deug de Sociologie / Université de Nanterre
    2000-2001 Baccalauréat général (ES) / Lycée Lakanal, Sceaux
  • AUTRE
  • 2015 - 2012 Assistante son de l’artiste Tania MOURAUD, Paris
  • Maryline Robalo
  • “Les grands poètes et les grands artistes ont pour fonction sociale de renouveler sans cesse l’apparence que revêt la nature aux yeux des hommes.“(in Les Peintres cubistes, 1913, Guillaume Apollinaire)
    “Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent a ceux qui re?vent seulement de nuit.”(Edgar Allan Poe)


    De l’artiste franco-portuguaise Esmeralda Da Costa on connait essentiellement ses vide?os. Nombreuses d’entre elles articulent des images construites et/ou vole?es, dans lesquelles son propre corps ou ceux de proches deviennent les protagonistes de scènes narratives qui avoisinent l’art de la performance. En faire le récit reviendrait à écrire une phrase concise, efficace et percutante où fusionnent réalisme et sentiment d’étrangeté. Immergée dans l’eau d’une piscine, une femme entreprend un duel avec son double, (Waterbox, 2014) - Assis face à face, deux personnages identiques s’engagent dans une joute verbale utilisant une langue inconnue de tous, (Alterc Ego, 2012).
    En exploitant les possibilités du médium vidéo de transcender les capacités et dispositions du corps physique (répétition frénétique et déploie- ment outrancier d’un cri, multiplication vertigineuse d’une même image, etc.) et celles du corps social (exercer une autorité sur sa mère, etc.), l’artiste explore les contenus multiples de son être et de son environnement relationnel immédiat. Elle s’emploie à la manière d’une foreuse dans un tunnel minier à percer la multitude de strates constitutives de la généalogie de l’être, dont les trois instances de la psyché déterminées par Sigmund Freud, les ça, moi et surmoi composent la structure. De cette manière, elle ouvre la porte à “ (...) des espaces parallèles qui agissent comme les métaphores d’une vie intérieure, de la mémoire ou de l’inconscient.”1. Dans O grito (Le cri, 2014), on retrouve alors Esmeralda Da Costa vêtue de cette tenue noire caractéristique des veuves portugaises, poussant un cri déchirant au coeur de cette forêt du nord du Portugal dans laquelle elle est plongée. En résonance à l’écho du cri qu’elle pousse et à l’endroit de son visage vient se superposer l’image du visage de sa mère, criant, elle aussi. Impossible alors de ne pas penser au cri d’Edvard Munch et à ce mouvement qu’aura été le symbolisme, caractérisé par son souhait d’exprimer l’angoisse, de s’interroger sur le sens de la vie et d’explorer les profondeurs de l’âme humaine.
    Devant les vidéos ou pris dans les installations immersives qui les diffusent, il nous est impossible de dire qui, de l’image ou du son accompagne l’autre. Difficile de se prononcer sur les commencements des récits offerts par l’artiste, de tenir pour responsable l’un d’eux d’avoir engendré l’autre, le précipitant dans un monde aux profondeurs abyssales. On sait seulement que de son ventre resurgissent des bribes de portugais, la langue maternelle des parents de l’artiste, qu’il charrie dans sa houle des commentaires radiophoniques à propos des attentats survenus en novembre 2015 à Paris, où l’artiste est née, vit et travaille. L’inconscient les retenaient. Tour à tour lieux de culte, mémoire et de création, les voies et territoires sonores dont nous prenons les chemins abolissent les frontières du temps passé et présent.

    Maryline Robalo,
    auteure de textes et d’expositions, fondatrice de PA / Plateforme de création contemporaine.
  • Elfi Turpin
  • Les recherches plastiques d’Esméralda Da Costa s’organisent autour de pièces sonores et de vidéos qui combinent enregistrements du réel, improvisation et narration.

    Sa vidéo Alterc Ego est à ce titre significative.Elle met en scène deux hommes assis face à face. Séparés par une table, ils s’engagent dans une joute verbale dans une langue faite d’onomatopées que l’on ne comprend pas immédiatement.

    En fait de deux hommes, il ne s’agit que d’un seul, en miroir, en train de dérouler un langage musical - un batteur de jazz qui improvise et joue vocalement un morceau qui va crescendo. La scène prend rapidement la tournure d’une altercation.

    Les enjeux de travail d’Esméralda Da Costa apparaissent ici assez clairement : faire entrer des fragments du réel (son, image, qualité performative d’un personnage) dans un système d’improvisation qui va permettre d’approcher des questions d’ordre psychologique et ouvrir des espaces parallèles qui agissent comme les métaphores d’une vie intérieure, de la mémoire ou de l’inconscient.

    Elfi Turpin,
    Commissaire indépendante et critique d'art.
  • Manon Gingold
  • Un sac de boxe en guise de prologue: nous sommes ici sur un ring. 
    Commençons par dire qu’Esmeralda Da Costa a pratiqué la boxe à haut niveau durant douze ans tout en étant batteuse : dans l’exercice de ce sport de combat comme dans celui de l’instrument de musique, rien n'est laissé au hasard. La précision du geste et le sens du timing sont des fondamentaux que l’artiste réincorpore et se réapproprie dans son approche de la vidéo. 
    Recouvert d'une surface réfléchissante, le sac de boxe est ici transformé en sculpture flottante, en miroir déformant suspendu. Dès l'entrée, le sac instaure ainsi un rapport frontal avec le spectateur : en lui renvoyant son image, il provoque la prise de conscience de son corps au sein de l'espace, et l'incite potentiellement à l'affrontement. Et tel un métronome monumental, l'imperceptible mouvement de balancier du sac annonce déjà le tempo qui va rythmer le parcours visuel et sonore de l'exposition. 
    Les trois premières vidéos montrent Esmeralda Da Costa elle-même dans des lieux génériques, choisis au Portugal et en France. Un parking, une piscine municipale, une forêt. Symboliques autant que banals, ces"lieux communs", à la fois nulle part et partout, servent de cadre à de courtes saynètes proches de la performance. Ce corps, mis un instant sous pression, génère des situations de tension extrême, dont on s'extrait comme on s'éveille après un mauvais rêve. Agressif/passif. Hurlant/silencieux. Ascenseur émotionnel. Des forces contraires semblent animer ce personnage, tantôt double, tantôt triple, sorte d'avatar psychologique enfoui, fantomatique. 
    La quatrième vidéo, dernier pan de l'exposition, est intitulée Ex Aequo. Elle a été tournée in situ, à la manière d'une mise en abîme, dans la salle d'exposition vide et lumineuse. Contrairement aux vidéos précédentes, le contexte est clairement identifiable. C'est ici un rapport noir/blanc qui se joue entre la salle claire "d'avant" et la salle sombre "d'après". Le personnage créé par Esmeralda Da Costa erre, attend, se dédouble, s'agite, comme conscient des confrontations qui vont avoir lieu ici-même. Un jeu de miroir imparfait, semblable à celui du sac de boxe “miroir”, se met en place entre le personnage et le spectateur, qui partagent un temps le même espace, mais à deux moments distincts.Le montage minutieux de l’image et du son – démultipliés, superposés, saccadés – orchestre la chorégraphie et l’équilibre instable de ce corps à la fois intime et étranger. 
    EX-AEQUO est la première exposition personnelle d'Esmeralda Da Costa. Née en 1982 à Paris, elle est diplômée du DNSEP de la Villa Arson à Nice.

    Manon Gingold,
    Commissaire indépendante.

ESMERALDA DA COSTA

Vit et travaille à Paris
+33(0)6.88.26.30.62
ejmeralda.dacosta@gmail.com


   

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